L’échelle fonctionne. La saveur doit fonctionner aussi.

L’industrie agroalimentaire a résolu beaucoup de problèmes difficiles. Elle peut nourrir des milliers de personnes en toute sécurité, avec régularité et efficacité. Les cuisines professionnelles peuvent faire plus avec des équipes plus réduites. Les fabricants peuvent reproduire le même produit sur d’immenses volumes.

Cela compte. Mais quelque part dans ce progrès, la saveur est souvent devenue la chose sur laquelle on a accepté de faire des compromis.

Équipe de cuisiniers travaillant ensemble dans une cuisine d'essai pour élaborer des bases aromatiques.

Fort n'est pas synonyme de profond

Un aliment peut être salé, fumé, sucré, intensément « viandé », et rester malgré tout plat. L’intensité frappe. La profondeur reste.

Un cuisinier construit la profondeur par le procédé : coloration, réduction, fermentation, matière grasse, acidité, temps. Une couche se pose sur une autre. Les systèmes de saveur industriels tentent souvent de reproduire le signal final sans tout ce travail. Parfois, ils y parviennent très bien. Pourtant, une note n’est pas la même chose qu’une base cuisinée.

C’est là l’écart : un aliment qui performe parfaitement dans un système, mais qui ne donne pas tout à fait l’impression d’avoir été cuisiné par quelqu’un.

Incorporations d'herbes dans une sauce onctueuse à l'aide d'un fouet dans un cul-de-poule.

Les cuisines font plus avec moins

Les cuisines professionnelles subissent des pressions de toutes parts. La main-d’œuvre est limitée. Les budgets sont serrés. Les normes nutritionnelles évoluent. Les listes d’ingrédients sont de plus en plus scrutées. Et le service doit continuer de tourner.

On ne peut pas demander à chaque cuisine de refaire un fond de douze heures. Ce n’est pas réaliste. Mais la réponse ne devrait pas non plus être d’accepter moins de saveur.

Le juste milieu utile, ce sont de meilleurs outils culinaires : des ingrédients dont la profondeur est déjà construite, suffisamment constants pour l’échelle, assez simples à utiliser, mais toujours fondés sur des aliments réels et un vrai procédé.

Chef assaisonnant des ingrédients bruts lors du développement d'une recette en cuisine professionnelle.

La saveur se construit. Les arômes s'ajoutent.

Il y a une différence. Un champignon rôti n’est pas la même chose qu’une note de champignon. Une sauce réduite jusqu’à obtenir du corps n’est pas la même chose qu’ajouter de la « richesse » à la fin. Les ingrédients fermentés, eux, ont changé. Le temps y a agi.

Ce n’est pas un plaidoyer contre tous les arômes. C’est un plaidoyer pour les bases. Si la base est faible, retirer du sel, du sucre ou des additifs ne fait qu’exposer le problème sous-jacent.

Application d'une sauce fermentée SHO sur une plaque de légumes destinés à être rôtis au four.

La fermentation redonne une logique de cuisine

La fermentation est une façon de faire entrer un travail lent dans un système rapide. Elle peut construire une profondeur salée naturelle, créer une complexité aromatique, adoucir certaines notes indésirables et donner aux ingrédients végétaux plus de structure avant même qu’ils n’atteignent la poêle.

C’est particulièrement utile pour l’alimentation végétale. Les plantes n’ont pas besoin de faire semblant d’être de la viande. Elles ont besoin du même sérieux que nous avons toujours accordé à la viande : une technique adaptée, de la chaleur, de la matière grasse, de l’acidité, de la fermentation, de la réduction, de l’assaisonnement. Elles deviennent alors intéressantes à leurs propres conditions.

Une carotte n’a pas besoin d’être un steak. Elle a besoin d’avoir bon goût.

Bocaux en verre contenant des préparations fermentées rangés au-dessus de livres de cuisine.

La prochaine norme

L’échelle ne va pas disparaître. Et elle ne le devrait pas. La vraie question est de savoir si nous pouvons conserver ses forces tout en y intégrant de meilleures bases de saveur.

Nous pensons que oui. Des ingrédients réels. Une fermentation utilisée avec intention. Des produits développés par des cuisiniers, testés dans de vrais aliments, et conçus pour tenir sous la pression.

Non pas pour remplacer les chefs. Mais pour leur donner un meilleur point de départ.

Nous savons déjà produire de la nourriture à grande échelle. Il faut maintenant s’assurer qu’elle mérite d’être mangée.

Ajout d'herbes fraîches hachées dans une poêle en mijotant pour superposer les saveurs.

Combler l'écart

L’écart de l’industrie n’est pas un échec ; c’est le signe que l’alimentation a atteint sa prochaine question.

Nous avons appris à produire à grande échelle ; il nous faut désormais protéger ce qui rend un aliment digne d’être produit : la profondeur, la transparence, l’intégrité culinaire, la vraie saveur.

L’alimentation à grande échelle a trop longtemps été traitée comme un choix entre performance et goût. Ce choix n’est plus suffisant. Le prochain système alimentaire a besoin d’ingrédients honnêtes, végétaux, construits par le procédé, la fermentation non pas comme une tendance, mais comme un outil.

Car l’avenir de l’alimentation ne sera pas défini par ceux qui savent le mieux imiter la saveur. Il sera défini par ceux qui savent la construire honnêtement. À grande échelle.

Équipe de développement culinaire goûtant et testant différentes formulations autour du plan de travail.