La pression sur les coûts pousse souvent les marques alimentaires à un choix difficile : protéger la rentabilité du produit ou préserver la saveur appréciée par les consommateurs.
Cependant, une reformulation peut accomplir bien plus que de simples réductions de coûts :
Elle peut bâtir une meilleure histoire autour des ingrédients.
Elle peut ouvrir de nouvelles catégories de produits.
Elle peut révéler des opportunités initialement absentes du cahier des charges.
Telle était la démarche derrière le projet mené avec Marie sur l’un des plats réconfortants les plus emblématiques de France : le bœuf bourguignon. L’objectif initial consistait à réduire la quantité de bœuf – l’un des composants les plus onéreux – tout en conservant la profondeur, la générosité et le profil de cuisson longue typiques de ce plat.
Plutôt que de concevoir une seule alternative, deux pistes ont été explorées :
- Un bœuf bourguignon contenant deux fois moins de viande.
- Une version entièrement végane inspirée de la même identité culinaire.
Ainsi, un unique cahier des charges a débouché sur deux opportunités de produits distinctes.
Sommaire
- Le défi derrière un plat familier
- Un cahier des charges, deux opportunités
- Réduire la viande sans compromettre l’expérience
- Construire un bourguignon végan avec une vraie profondeur
- Ce qu’a révélé le test à l’aveugle
- Bien plus qu’un projet de réduction des coûts
- Ce que les autres marques alimentaires peuvent apprendre du projet Marie
- D’une recette classique à une plateforme d’innovation
- Confiez-nous votre défi
Le défi derrière un plat familier
Le bœuf bourguignon est bien plus qu’une simple association de viande, de légumes et de vin rouge.
C’est une expérience culinaire familière.
On s’attend à une sauce riche, à des notes savoureuses profondes et à des ingrédients qui donnent l’impression d’avoir mijoté ensemble pendant des heures. Le plat doit paraître généreux, réconfortant et complet.
Réduire la quantité de bœuf a donc un impact bien plus large que le simple coût de la recette.
Cela peut altérer la texture de la sauce, affaiblir le profil savoureux et donner l’impression que les autres ingrédients sont moins bien reliés entre eux. Le vin peut devenir trop prononcé. Les légumes peuvent sembler dissociés de la sauce. Le plat fini peut encore ressembler à un bourguignon sans pour autant procurer la même expérience.
L’objectif n’était pas simplement de remplacer la viande manquante.
Il s’agissait de préserver ce qui rendait le plat reconnaissable dès le départ.
Cela signifiait de se concentrer sur les qualités que les consommateurs ressentent réellement :
- Une profondeur savoureuse
- Un toucher en bouche riche et enveloppant
- Une complexité aromatique
- Un équilibre entre le vin, les légumes et la sauce
- Un caractère de mijoté convaincant
- Une finale satisfaisante
Ces qualités sont devenues le socle du projet.
Un cahier des charges, deux opportunités
Le défi initial était d’ordre économique, mais le processus de développement a rapidement mis en lumière deux orientations possibles.
La première consistait à réviser la recette existante.
En réduisant de moitié la quantité de bœuf et de lardons, Marie pouvait diminuer considérablement la dépendance du produit envers des ingrédients d’origine animale coûteux, tout en restant fidèle à la proposition initiale du bœuf bourguignon.
La seconde orientation se voulait plus ambitieuse.
Était-il possible de transposer l’identité culinaire du bourguignon dans une recette entièrement végétalienne ?
Cette version ne se contentait pas de retirer la viande pour laisser le reste du plat inchangé. Elle devait offrir sa pleine satisfaction gustative tout en conservant le lien avec la profondeur et le réconfort caractéristiques de la recette d’origine.
Ces deux voies répondaient à des objectifs différents.
La recette à teneur réduite en viande répondait à une contrainte de coût immédiate.
La version végétalienne ouvrait la perspective d’une nouvelle extension de gamme.
Réduire la viande sans réduire l'expérience
Pour le premier prototype, la quantité de bœuf et de lardons a été réduite d’environ moitié.
Cependant, le projet n’a jamais été abordé comme un simple exercice de soustraction.
Lorsqu’un ingrédient central change, l’ensemble de la recette doit être repensé. La sauce, les légumes, les aromates et l’assaisonnement doivent interagir différemment.
L’équipe a donc rééquilibré le plat et introduit un mélange de saveurs fermentées sur mesure, conçu spécifiquement pour cette application.
Élaboré à partir d’ingrédients végétaux familiers tels que les pois chiches, les graines de tournesol et le sarrasin, ainsi que de concentrés de légumes, de levure cuite, d’herbes et d’épices, ce mélange a permis de relier les différents éléments de la recette.
Son rôle n’était pas d’introduire une nouvelle saveur évidente.
Il s’agissait d’aider le bourguignon à retrouver son unité.
Le résultat final est une recette contenant deux fois moins de viande et affichant une réduction des coûts prévisionnelle d’au moins 40 %, tout en préservant l’identité riche et savoureuse qui fait l’essence du plat.
Construire un bourguignon végan avec une vraie profondeur
La version végane exigeait une réinvention plus en profondeur.
En l’absence de bœuf et de lardons, l’écart aromatique à combler était bien plus important. Pourtant, se contenter de corser la sauce n’aurait pas suffi.
La recette avait toujours besoin d’équilibre.
Il lui fallait du corps sans lourdeur, de la complexité sans intensité artificielle et suffisamment de profondeur pour lier entre eux le vin, les légumes et les aromates.
Plus important encore, le plat devait s’imposer par lui-même.
La version végane a donc été développée autour de l’expérience du bourguignon plutôt que dans une optique d’imitation directe de la viande.
L’objectif était de préserver les marqueurs culinaires qui font tout l’attrait de la recette originale :
- Une base savoureuse et profonde
- Une sauce ronde et généreuse
- Des notes de légumes et de vin bien intégrées
- Une finale longue et satisfaisante
- L’impression d’une cuisson lente
Le mélange fermenté sur mesure est venu soutenir cette structure, permettant à la recette d’offrir une texture en bouche plus riche et une plus grande profondeur aromatique à partir d’ingrédients végétaux reconnaissables.
Au stade du développement, la recette végane affichait une réduction prévisionnelle des coûts de revient de 80 %.
Mais le résultat allait bien au-delà de la simple question financière.
Il a démontré qu’un plat traditionnel pouvait servir de tremplin à une nouvelle offre végétale sans perdre son identité culinaire.
Ce qu'a révélé le test à l'aveugle
Une reformulation peut fonctionner sur le papier, mais le verdict final vient toujours de l’assiette.
Pour évaluer l’impact de la solution aromatique, les recettes à teneur réduite en viande et végétaliennes ont été comparées à des versions équivalentes élaborées sans cette solution.
Huit juges qualifiés ont goûté les échantillons à l’aveugle.
L’évaluation s’est concentrée sur les qualités qui importaient le plus pour le projet : le toucher en bouche et le caractère de cuisson lente.
Dans l’ensemble des comparaisons, les versions contenant le mélange fermenté sur mesure ont suscité une perception plus forte de ces attributs.
La différence ne résidait pas dans l’ajout d’une saveur dominante unique.
Elle consistait à rendre les recettes plus abouties.
La sauce paraissait plus ample. Les différents ingrédients s’associaient de manière plus naturelle. L’expérience finale se rapprochait davantage de l’identité réconfortante et mijotée que l’équipe souhaitait préserver.
Pour l’équipe de développement, cela a constitué un signal clair que les deux concepts évoluaient dans la bonne direction.
Bien plus qu'un projet de réduction des coûts
Le résultat le plus immédiat du projet a été d’ordre financier.
La version à teneur réduite en viande offrait une réduction des coûts prévisionnelle d’au moins 40 %, tandis que la variante végane affichait une diminution de 80 % du coût de la recette au stade du prototype.
Cependant, se limiter à ces chiffres passerait à côté de la valeur globale de la démarche.
Le projet a également créé trois opportunités majeures.
Un portefeuille de produits plus flexible
Marie pourrait potentiellement développer plusieurs offres à partir du même territoire culinaire :
- Le bœuf bourguignon d’origine
- Une version plus économique contenant moins de viande
- Un bourguignon végan répondant à une nouvelle occasion de consommation
Plutôt que de se concurrencer, ces produits pourraient former une gamme cohérente.
Chacun répondrait à un besoin différent tout en s’inscrivant de manière reconnaissable dans le même univers culinaire.
Une histoire d'ingrédients plus claire
Les recettes reformulées ont également offert la possibilité d’une liste d’ingrédients plus courte et plus directe.
La saveur provenait d’ingrédients végétaux fermentés, de légumes, de levure cuite, d’herbes et d’épices, plutôt que d’une longue accumulation de composants aromatiques distincts.
C’est un point essentiel, car les consommateurs cherchent de plus en plus à comprendre d’où vient le goût de leurs aliments.
Une liste plus claire ne rend pas automatiquement un produit meilleur. Cependant, lorsqu’elle reflète une recette bien pensée, elle permet d’établir une plus grande cohérence entre la promesse du produit et son contenu réel.
Une nouvelle approche de la reformulation
Le projet a démontré que la reformulation n’a pas à être une démarche défensive.
Elle ne se résume pas à supprimer un ingrédient coûteux.
Lorsque le processus commence par le goût, une contrainte économique peut se transformer en un brief créatif.
La question passe de :
« Comment rendre cette recette moins chère ? »
à :
« Qu’est-ce que les gens aiment par-tout dans ce plat, et comment pouvons-nous offrir cette même expérience autrement ? »
C’est un point de départ beaucoup plus constructif.
Ce que les autres marques alimentaires peuvent apprendre du projet Marie
Bien que l’application concernât le bœuf bourguignon, ces enseignements peuvent s’appliquer bien au-delà d’une seule recette.
Commencer par la vérité culinaire
Avant de modifier la formulation, définissez ce qui doit impérativement être préservé.
S’agit-il du caractère rôti ? De l’onctuosité ? De la richesse de la sauce ? De la fraîcheur en fin de bouche ? De la sensation réconfortante d’un plat mijoté ?
« Garder le goût » est une consigne trop vaste.
Une orientation sensorielle claire donne à l’équipe de développement un repère concret à protéger.
Traiter la réduction des coûts comme un développement de recette
Supprimer un ingrédient coûteux peut altérer simultanément la saveur, la texture, l’apparence et les attentes des consommateurs.
Cette démarche doit donc être traitée comme un projet culinaire à part entière, et non comme un simple exercice d’achat.
Les meilleures reformulations ne se contentent pas de compenser le poids retiré. Elles recréent l’équilibre de l’ensemble du produit.
Voir au-delà du problème immédiat
Le brief initial peut porter sur le coût, le sel, le sucre, la viande ou une liste d’ingrédients complexe.
Mais relever ce défi peut révéler une seconde opportunité.
Un projet de rénovation peut déboucher sur un nouveau produit à base de plantes. Un brief de simplification d’étiquette peut mener à une saveur plus distinctive. Un exercice de réduction des coûts peut structurer un portefeuille plus solide.
Un bon développement répond au besoin présent.
Un grand développement montre également ce qui pourrait suivre.
Placer le goût au centre
Un produit peut être plus abordable, plus évolutif et plus facile à expliquer.
Il doit néanmoins rester délicieux.
Le goût n’est pas la dernière étape décorative de la reformulation. C’est l’étalon à l’aune duquel chaque autre décision doit être mesurée.
Le projet Marie a réussi parce qu’il n’a jamais été permis que la réduction des coûts devienne l’unique objectif.
Le plat devait toujours tenir ses promesses.
D'une recette classique à une plateforme d'innovation
Le projet Marie a commencé par un défi familier : la viande bovine occupait une place importante tant dans le produit que dans sa structure de coûts.
La solution initiale aurait pu se limiter à réduire la quantité de viande.
Au lieu de cela, le projet a ouvert deux voies de développement.
La première a permis de préserver l’offre existante tout en offrant une opportunité d’économies substantielle.
La seconde a transposé cette même identité culinaire en un concept entièrement végan, doté du potentiel d’élargir la gamme.
Ces deux versions ont été conçues autour des qualités que les gens attendent d’un bourguignon : de la profondeur, de la rondeur, de l’équilibre et la sensation d’un plat qui a pris le temps de mijoter.
C’est là le véritable résultat de ce projet.
Moins de viande ne signifiait pas moins de saveur.
Une liste d’ingrédients plus claire ne signifiait pas une expérience gustative appauvrie.
Et la pression sur les coûts n’a pas freiné l’innovation.
Elle est devenue le moteur même de l’innovation.
Confiez-nous votre défi
Chaque produit possède quelque chose qui doit impérativement être préservé.
Qu’il s’agisse d’une saveur familière, d’une texture spécifique, d’une signature en fin de bouche ou du lien émotionnel que les gens entretiennent avec une recette classique.
C’est là que commence une véritable reformulation.
Confiez-nous votre plat, votre défi stratégique et l’expérience qui ne peut être perdue.
Ensemble, nous pouvons étudier comment réduire les coûts, repenser les ingrédients et ouvrir de nouvelles perspectives, sans jamais transiger sur le vrai goût.